Fête de Saint
Matthias, apôtre
On ne peut guère douter que saint
Matthias n'ait été un des soixante-douze disciples de Jésus-Christ;
du moins est-il certain qu'il s'attacha de bonne heure à la
personne du Sauveur, et qu'il ne S'en sépara point depuis Son
Baptême jusqu'à Son Ascension.
Les fidèles étant assemblés pour
attendre la descente du Saint-Esprit, saint Pierre leur dit que,
pour accomplir l'Écriture, il fallait choisir un douzième Apôtre à
la place de Judas.
« Dans l'Eglise de Jérusalem
deux personnes furent proposées par la communauté et ensuite tirées
au sort: “Joseph Barsabbas,
surnommé Justus, et Matthias” (Ac 1, 23). Ce
dernier fut précisément élu et ainsi “associé aux onze Apôtres”
(Ac 1, 26).
Nous ne savons rien de lui, si ce
n'est qu'il avait été lui aussi témoin de toute la vie terrestre de
Jésus (cf. Ac 1, 21-22), lui demeurant fidèle jusqu'au
bout. A la grandeur de sa fidélité s'ajouta ensuite l'appel divin à
prendre la place de Judas, comme pour compenser sa trahison.
Nous pouvons en tirer une dernière
leçon: même si dans l'Église ne manquent pas les chrétiens indignes
et traîtres, il revient à chacun de nous de contrebalancer le mal
qu'ils ont accompli par notre témoignage limpide à Jésus Christ,
notre Seigneur et Sauveur. » (cf.
catéchèse de Benoît XVI du 18/10/2006)
De saint Matthias on sait qu'après
avoir reçu le Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, il alla
prêcher l'Évangile de Jésus-Christ, et qu'il consacra le reste de
sa vie aux travaux de l'apostolat.
Clément d'Alexandrie rapporte que,
dans ses instructions, il insistait principalement sur la nécessité
de mortifier la chair en réprimant les désirs de la sensualité;
leçon importante qu'il tenait de Jésus-Christ, et qu'il mettait
lui-même en pratique.
Les Grecs prétendent, d'après une
ancienne tradition exprimée dans leurs ménologes, que saint
Matthias prêcha la foi vers la Cappadoce et les côtes de la mer
Caspienne; ils ajoutent qu'il fut martyrisé dans la Colchide, à
laquelle ils donnent le nom d'Éthiopie. Les Latins célèbrent sa
fête le 24 février.
On garde une partie de ses reliques
à l'abbaye de Saint-Matthias de Trèves, et à Sainte-Marie-Majeure
de Rome. Mais les Bollandistes disent que les reliques de
Sainte-Marie-Majeure qui portent le nom de saint Matthias,
pourraient ne point être de l'Apôtre, mais d'un autre saint
Matthias, évêque de Jérusalem vers l'an 120.
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Livre des Actes des
Apôtres 1,15-17.20-26.
En ces jours-là, les frères étaient réunis au nombre d'environ cent
vingt. Pierre se leva au milieu de l'assemblée et dit :
« Frères, il fallait que l'Écriture s'accomplisse : par la bouche
de David, l'Esprit Saint avait d'avance parlé de Judas, qui en est
venu à servir de guide aux gens qui ont arrêté Jésus,
ce Judas qui pourtant était l'un de nous et avait reçu sa part de
notre ministère.
Car il est écrit au livre des Psaumes : Que son domaine devienne un
désert, et que personne n'y habite, et encore : Que sa charge passe
à un autre.
Voici donc ce qu'il faut faire : il y a des hommes qui nous ont
accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi
nous,
depuis son baptême par Jean jusqu'au jour où il nous a été enlevé.
Il faut donc que l'un d'entre eux devienne avec nous témoin de sa
résurrection. »
On en présenta deux : Joseph Barsabbas, surnommé Justus, et
Matthias.
Puis l'assemblée fit cette prière : « Toi, Seigneur, qui connais le
cœur de tous les hommes, montre-nous lequel des deux tu as
choisi
pour prendre place dans le ministère des Apôtres, que Judas a
déserté en partant vers son destin. »
On tira au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut dès lors
associé aux onze Apôtres.
Psaume
113(112),1-2.3-4.5-6.7-8.
Louez, serviteurs du Seigneur,
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !
Du levant au couchant du soleil,
loué soit le nom du Seigneur !
Le Seigneur domine tous les peuples,
sa gloire domine les cieux.
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
Lui, il siège là-haut.
Il abaisse son regard
vers le ciel et vers la terre.
De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre
pour qu'il siège parmi les princes,
parmi les princes de son peuple.
Évangile de Jésus
Christ selon saint Jean 15,9-17.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses
disciples : « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés.
Demeurez dans mon amour.
Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon
amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon
Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous
soyez comblés de joie.
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je
vous ai aimés.
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses
amis.
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que
veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car
tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait
connaître.
Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis
et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que
votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en
mon nom, il vous l'accordera.
Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les
autres.
Commentaire du
jour
Paul VI, pape de 1963-1978
Audience générale du 12/6/1974 (trad. DC 1657, p.
602)
L'éternelle jeunesse de l'Église
Aujourd'hui, nous portons notre pensée sur un effet propre à la
Pentecôte : l'animation surnaturelle produite par l'effusion de
l'Esprit Saint dans le corps visible, social et humain des
disciples du Christ. Cet effet, c'est l'éternelle jeunesse de
l'Église... L'humanité qui compose l'Église subit le sort du temps,
elle est ensevelie dans la mort ; mais cela ne suspend ni
n'interrompt le témoignage de l'Église dans l'histoire tout au long
des siècles. Jésus l'a annoncé et promis : « Je suis avec vous tous
les jours jusqu'à la fin des temps » (Mt 28,20). Il l'avait
également laissé entendre à Simon en lui donnant un nom nouveau : «
Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la
puissance de la mort n'aura pas de force contre elle » (Mt
16,18).
On peut tout de suite faire cette objection avec tant de gens
aujourd'hui : que l'Église soit permanente, peut-être, elle dure
depuis vingt siècles ; mais c'est justement parce qu'elle dure
depuis si longtemps qu'elle est vieille... L'Église, disent-ils,
est vénérable du fait de son ancienneté..., mais elle ne vit pas de
ce souffle actuel qui est toujours nouveau : elle n'est plus jeune.
Cette objection est forte...; il faudrait un long traité pour y
répondre. Mais pour les esprits ouverts à la vérité, il pourrait
suffire de dire que cette pérennité de l'Église est synonyme de
jeunesse. « C'est une chose admirable à nos yeux » (Mt 21,42) :
l'Église est jeune.
Ce qui est le plus étonnant, c'est que le secret de sa jeunesse
c'est sa persistance inaltérable dans le temps. Le temps ne fait
pas vieillir l'Église ; il la fait grandir, il stimule sa vie et sa
plénitude... Certes, tous ses membres meurent comme tous les
mortels ; mais l'Église, elle, non seulement a un principe
invincible d'immortalité au-delà de l'histoire ; elle possède aussi
une force incalculable de renouveau.
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Evangile au quotidien